La charte architecturale
En 1998, la Communauté de Communes de l'île d'Oléron a confié au CAUE 17 (Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et de l'Environnement en Charente-Maritime) la rédaction d'une charte intercommunale paysage, urbanisme et architecture, afin de "maîtriser la qualité de l'urbanisme de l'île d'Oléron sans dénaturer sa diversité et sa richesse".

Cette charte a valeur de conseil et reste soumise à la réglementation en matière d'urbanisme dans chaque commune, ainsi qu'aux règles de construction en vigueur.
La charte est divisée en plusieurs parties : urbanisme, bâti, matières, couleurs, économie et paysages.
L'historique et l'existant ont d'abord été recensés et précisément étudiés (riche bibliographie), avant d'évoquer des possibilités et des conseils en matière d'avenir, et d'insister sur les "éléments intrus".
Nous vous proposons ici une modeste présentation de cette charte, qui vous permettra d'en appréhender le contenu. Pour plus de renseignements, nous vous invitons à vous rapprocher d'une des huits mairies de l'île d'Oléron, ou de la Communauté de Communes, où vous pourrez librement consulter cette charte, très intéressante pour quiconque s'intéresse au passé et au devenir du bâti oléronais.


L'urbanisme
Ce chapitre retrace l'historique de l'urbanisation d'Oléron au travers des influences religieuses, militaires, civiles et balnéaires. Jusqu'au XXème siècle tous les développements de bourgs se faisaient sans rupture avec les tracés historiques des villages. L'après-guerre va rompre avec cette usage, et on va voir apparaître des "faux villages, fragmentés et indépendants les uns des autres, ignorant tout du contexte". Ainsi, les auteurs de la charte estiment que "l'avenir bâti suppose de relire et de comprendre l'organisation des villages anciens, pour s'en inspirer dans les projets contemporains, et adopter des règles d'urbanisme correspondantes".

Le bâti
Ce chapitre traite de l'architecture des bourgs : "architecture de murs et d'alignements perçus en perspective où les horizontales se transforment en lignes de fuite". Le bâti des villages où "l'architecture est très liée à l'activité économique qui y prévalait, et de la richesse des propriétaires" comprend la maison basse, la maison paysanne (avec l'escalier extérieur) et la maison de maître. Pour l'avenir, la charte préconise de "maintenir côté rue la continuité de volume et de matériau avec le bâti traditionnel tandis qu'une relative liberté de forme et de matériau pourra être développée côté "jardin secret", permettant ainsi entre autres l'usage de verrières, patios et autres baies vitrées".

Les matières
La pierre d'Oléron, c'est le calcaire du crétacé, d'un ton blanc cassé issu des carrières locales et de l'estran, avec parfois des roches étrangères provenant d'anciens lests de navires. Ce chapitre décrit très précisément les matériaux employés et à employer pour la restauration en matière d'enduit, de chaux, de pierre de taille, de joints... La tuile romane utilisée aujourd'hui est un condensé de trois sortes de tuiles, la romaine, la ronde et la mécanique, avec des pentes de toit voisines de 28%. Les ouvertures, toujours de proportions verticales, ont une hauteur de 1,5 à 2 fois la largeur, avec 3 ou 4 carreaux rectangulaires et verticaux. La peinture des volets doit être "mate et d'une texture épaisse et opaque".

Les couleurs
Concernant les couleurs de volets et de portes, une charte graphique a été définie, couleurs pastel, bleu, ocre ou blanc pour les maisons de ville, rouge ou brun pour les quartiers balnéaires, toute une palette de bleu pour la bordure d'océan, et une large palette de vert pour toute l'île d'Oléron.

Economie
Dans ce domaine, la réhabilitation de anciens bâtiments n'est pas toujours aisée, pas plus que la construction de nouveaux locaux respectant la tradition architecturale. La charte recommande ainsi pour la restauration ou construction de cabanes de "privilégier les matériaux et la technique utilisés pour la construction d'origine : bois traités au coaltar ou peints, tuiles mécaniques, ouvertures en simple chassis bois recoupé, planche de rives..." La charte recommande aussi une modération de la hauteur pour les bâtiments agricoles, en privilégiant le bois ou de l'acier coloré, avec des couvertures en tuile canal. En matière d'urbanisme commercial, "l'accueil de ces activités doit être organisé et réfléchi en recherchant l'équilibre entre besoins commerciaux et insertion paysagère".


Paysages
La charte recommande une architecture de qualité permettant de respecter les paysages "horizontaux" des marais, la vigilance en matière d'aménagements touristiques en bordure des dunes, la densification des haies hautes en terres agricoles, la restauration des clôtures et jardins cachés des villes et des bourgs, l'utilisation des essences adaptées au milieu...

Quelques éléments intrus parmi d'autres...

"- les parcelles régulières, orthogonales et de proportions carrées
- les volumes compliqués et décousus de style "provençal" ou autre
- les murs neufs non enduits
- les crépis prêts à l'emploi, les finitions décoratives, les résines
- les haies séparatives monospécifiques constituées de thuyas , cyprès de lambert, cupressocyparis..."


N'hésitez pas à demander de l'aide aux professionnels de la construction, des permanences conseils sont également assurées à la Communauté de Communes.
A consulter également les rubriques : Patrimoine architectural traditionnel